Les trains mythiques

Publié le par Fais tes valises

Aujourd'hui, Fais tes valises vous propose de (re)partir à la découverte des trains mythiques, ces trains de légende qui traversent les continents !

 

5 continents - 5 trains 

 

Europe : l'Orient Express

 

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À peine a-t-on prononcé son nom que l'on se prend à rêver à de luxueuses voitures à livrée bleu et or et à s'imaginer les crimes les plus machiavéliques, quelque part entre Paris et Constantinople. Rares en effet sont les moyens de transport à avoir exercé autant de fascination que l'Orient-Express. 

Lancé sur les rails pour la première fois en 1883, ce train devint la star incontestable du monde ferroviaire. C'est Georges Nagelmackers qui en est le père. Au cours d'un voyage en Amérique, cet industriel belge tomba sous le charme des wagons-lits des trains de Pullman (les premiers trains de nuit au monde) et décida d'exporter le concept sur les voies ferrées du vieux continent. En quelques années, il conçoit le train le plus luxueux qui soit : cuir, velours et bois précieux dans les voitures-lits, cristal, argenterie, champagne et grands crus en voiture-restaurant.

L'Orient-Express abolit les frontières et démode les croisières de luxe. En peu de temps, il devient le moyen de transport privilégié des têtes couronnées. Son histoire, pas toujours très rose (attaques, prises d'otages, crimes…), fournit de la matière à la littérature et au cinéma. 

L'Orient-Express cesse de rouler en 1977, victime de l'avion et de la guerre froide. Les voitures sont alors dispersées dans des hangars, ou, au mieux, dans des musées. Quelques années plus tard, James Sherwood, un magnat américain, investit gros dans le rachat, puis la restauration des prestigieux wagons et l'Orient-Express reprend du service dans les années 1980, sur le parcours Paris-Venise. La chute du mur de Berlin lui permet de retrouver l'itinéraire de ses débuts.

Aujourd'hui, l'Orient-Express s'appelle Venice Simplon Orient-Express. La décoration intérieure est restée fidèle à la Belle Époque : confort (même s'il n'y a toujours pas de douches à bord !), grand luxe et cuisine trois étoiles. Comme autrefois, il promène à travers les Alpes et la vallée du Danube une clientèle fortunée, nostalgique de l'âge d'or des grands trains de luxe.

Le Venice Simplon Orient-Express propose plusieurs voyages depuis Londres (Victoria Station) et Paris (gare de l'Est) vers Venise, Rome, Vienne ou Prague.Une fois par an, il effectue le voyage d'origine Paris-Istanbul, via Budapest et Bucarest, un voyage qui n'est pas à la portée de toutes les bourses. Plus d'infos sur le site de l'Orient-Express.

 

 

Asie : Le Transsibérien

 

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Avec plus de 9 200 km parcourus entre Moscou et Vladivostok et sept fuseaux horaires traversés, le Transsibérien est le chemin de fer le plus long du monde. Et assurément l'un des plus fameux. Un train de légende, vieux de près d'un siècle, et, qui, bien heureusement, ne s'est toujours pas travesti en train de luxe. 

Dans un pays où les vestiges de l'ancienne Russie vieillissent plutôt mal, le Transsibérien a su au contraire conserver son caractère authentique. Au fur et à mesure qu'il progresse vers l'est, il cueille sur son passage paysans ouzbeks ou kazakhs, nomades mongols, commerçants chinois et quelques soldats russes. Tout ce petit monde finit par fraterniser autour d'un verre de vodka et d'une partie de jeu d'échecs, alors que dehors, se succèdent les différents tableaux de la mystérieuse Sibérie : les monts Oural, la Taïga et ses immenses conifères, le lac Baïkal (que le train longe sur 200 km), le fleuve Amour, les steppes sans fin d'Asie centrale, etc.

 Voyager à bord du Transsibérien est une expérience unique. Il permet de traverser des contrées inaccessibles autrement que par le train, et de goûter à bord à la légendaire camaraderie russe. L'ambiance rappellera au routard l'esprit qui règne dans les auberges de jeunesse. Le confort est loin d'égaler les luxueuses cabines de l'Orient-Express, mais l'intérieur des wagons est propre et bien chauffé en hiver. Il y a trois classes : la première avec des cabines à deux lits (compter dans les 600 € pour le trajet intégral de 6 jours jusqu'à Vladivostok), la seconde avec des cabines à quatre lits (environ 300 €) et la troisième avec des lits en dortoir (moins de 100 €). On vous conseillera de ne pas aller jusqu'à Vladivostok, qui présente un intérêt limité. 

Après être passé par Irkoutsk et avoir longé le lac Baïkal, le Transsibérien permet une connexion à Ulan Ude avec deux autres trains : le Transmongolien, qui relie Pékin via les steppes de Mongolie et le désert de Gobi, et le Transmandchourien qui se rend à Pékin par la Mandchourie. Les infos sur les tarifs et les horaires se trouvent sur le site de l'agence de voyages Way to Russia. L'agence Espace Est-Ouest propose quant à elle différentes formules, été comme hiver.

 

Océanie : l'Indian Pacific

 

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Comme son nom l'indique, l'Indian Pacific relie l'océan Pacifique à l'océan Indien. Entre les deux, un autre océan : le désert australien. Pour traverser les 4 300 km qui séparent Sydney, sur la côte est, de Perth, à l'extrême ouest du pays, les Australiens ont eu la brillante idée de miser sur les rails. Non pour concurrencer l'avion (évidemment impossible), mais plutôt pour donner à qui aime bien prendre son temps l'occasion de voyager au cœur d'une nature exceptionnelle.


Trois jours et trois nuits sont nécessaires à l'énorme locomotive de l'Indian Pacific pour venir à bout de l'île-continent. Au départ de Sydney, le convoi passe devant les Blue Mountains et son immense forêt d'eucalyptus, puis effectue une première halte dans la charmante ville de Broken Hill, réputée pour ses mines d'argent. Le train s'arrête ensuite à Adélaïde avant de s'attaquer à la plaine du Nullarbor (littéralement « la plaine sans arbres ») sur une ligne droite de 480 km (« The Long straight »), la plus longue du monde. Unique arrêt dans cette fournaise : Cook, deux habitants. La région offre des panoramas époustouflants, notamment au coucher du soleil, quand le désert se met à rougeoyer.

Au sortir du Nullarbor, le train s'arrête à Kalgoorlie, qui concentra autrefois la ruée vers l'or australienne. Terminus à Perth, l'une des villes qui bougent le plus en Australie. C'est l'étape incontournable des backpackers en vadrouille dans le pays.

Depuis son lancement en 1970, l'Indian Pacific s'est révélé être une excellente alternative à l'avion. Il y a trois classes à bord ; la luxueuse Gold Kangaroo class (couchette, douche et w.-c. en cabine, repas inclus), la Red Kangaroo sleepers (douches et sanitaires communs) et enfin, la Red Kangaroo daynighter offre un siège très confortable au routard fauché. Réservations et renseignements sur le site de la Great Southern Railways.


Amérique : el Nariz del Diablo

 

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Avec son parcours sinueux tracé en pleine cordillère des Andes, le Nariz del Diablo est réputé pour être l'un des trains les plus périlleux du monde. Surnommée ainsi parce qu'elle passe par un rocher qui, selon la légende populaire, a un petit air du démon, l'unique ligne ferroviaire d'Équateur fut construite au début du XXe siècle pour relier Guayaquil, sur la côte, à Quito, la capitale perchée à 2 800 m d'altitude. 

Entre les deux villes, le convoi escaladait à faible allure les montagnes équatoriennes. De Bucay à Alausi, le train empruntait, en marche avant, puis à reculons, un ingénieux zigzag pour lui permettre de se hisser au sommet des plateaux : en moins de 60 km, le Nez du Diable passait de 300 à 2 600 m d'altitude. Ce système reste décrit comme un modèle d'ingénierie ferroviaire.

Victime de son âge canonique et du phénomène météorologique el Niño qui frappe le pays régulièrement, la voie n'est aujourd'hui plus utilisable que sur un seul tronçon, entre Riobamba et Alausi (soit environ 100 km). Utilisé à la fois pour le transport des voyageurs et des marchandises, ce train est divisé en plusieurs classes : les deux premières sont composées de sièges plus ou moins confortables, la troisième de bancs en bois installés dans les wagons de marchandises, et la quatrième consiste à grimper sur les wagons et à s'asseoir à même la tôle, histoire d'ajouter un peu plus de piment à ce voyage au ras des falaises. Ce que ne manquent pas de faire les touristes qui s'y entassent à plusieurs dizaines pour pouvoir profiter d'une vue imprenable sur les paysages andins.

L'aller-retour entre Riobamba et Alausi avec un prolongement jusqu'au site du Nariz del Diablo dure entre cinq et douze heures, selon le nombre de déraillements et le temps qu'il faut à l'équipage pour remettre la machine en place. Les billets (environ 15 $ l'aller-retour pour les touristes) peuvent s'acheter le matin même du départ en gare de Riobamba. Si vous souhaitez faire le voyage sur le toit du train, pensez à bien vous couvrir le matin (un poncho, voire plus par temps de pluie) et à vous cramponner fermement pendant le trajet !

 

Afrique : l'Express

 

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L'Express, c'est ainsi que l'on surnomme le train qui relie Dakar à Bamako. Mais ne vous fiez surtout pas à son nom, l'Express est le champion du monde de la lenteur sur rails. Malgré tout, il reste pour beaucoup de Sénégalais et de Maliens le seul moyen de transport entre les capitales de ces deux pays voisins. Le voyage entre les deux villes est donc long (48 heures, au minimum, pour parcourir 1 230 km), laborieux (une dizaine d'arrêts, normalement), voire périlleux. La voie ferrée est en fait un vestige de l'époque coloniale. Elle fut construite au début du XXe siècle pour permettre à l'occupant français de mieux pénétrer les territoires du Mali (alors appelé Soudan). 

Ambiance animée à bord. Dans les compartiments, les passagers organisent le rituel du thé (que l'on prépare avec son propre fourneau !) et grignotent des fruits secs sur fond de musique africaine passée en boucle. Certains engagent la conversation, parlent politique, alors que d'autres préfèrent rester devant leur fenêtre pour regarder défiler la savane. Dans les couloirs déambulent les bana-bana, ces commerçantes-grossistes qui emportent avec elles des valises pleines à craquer : tissu, linge, produits cosmétiques… Même à l'intérieur du train, le négoce continue. À chaque arrêt, des enfants se précipitent sous les fenêtres pour vendre leurs fruits aux passagers. Et à chaque arrêt, les passagers sans billet grimpent sur le toit du train pour échapper aux contrôleurs.

Malgré son extrême vétusté, le Dakar-Bamako dispose d'un wagon-restaurant où l'on sert des repas chauds et même d'une voiture-couchettes, wagons qui profitent essentiellement aux riches commerçants ainsi qu'aux touristes. À l'intérieur, des sigles SNCF ou une vieille carte du réseau ferré français viennent rappeler aux passagers qu'ils roulent à bord de l'ancien Mistral, qui reliait dans les années 1960 Paris à la Côte d'Azur. 

Depuis les années 1980, le Mistral, ne parcourt donc plus le Midi de la France, mais fait la navette deux fois par semaine entre le Sénégal et le Mali, à travers les champs de sorgho et d'arachide. Sa vitesse moyenne a été divisée par dix. Les retards sont fréquents (jusqu'à douze heures), mais du moment qu'il assure la communication entre Dakar et Bamako, les passagers ne lui reprochent pas grand-chose. Les billets peuvent être achetés directement en gare de Dakar ou de Bamako.

 

 



 

 

 

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Publié dans Voyager

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Fuchinran 14/12/2013 01:13


Bonjour et merci pour ce tour d'horizon qui fait déjà rêver par procuration... J'aimerais prendre un jour le Transsibérien et découvrir les Balkans par l'Orient Express après les avoir tant
parcourus en voiture. Ce n'est pas forcément un train mythique mais le Train Bleu de Tito me semble aussi une découverte intéressante (hélas le trajet est exceptionnel et non régulier). Le voyage
surfe sur la vague de la nostalgie de la Yougoslavie. Pour en savoir plus sur le Train bleu de Tito, voici un lien...